© 2015 by www.artenice.com

Blog

Qui sera au second tour de la primaire des Républicains?

November 18, 2016

 

Ce que les sondages ne vous disent pas et ce que vous devez savoir avant d'aller voter au premier tour des primaires des Républicains.

 

De nombreux sondages ont été publiés depuis ..... juin 2014 (!!) alors que les candidats ne se sont déclaré officiellement qu'en septembre 2016.

 

Suite à ces premiers sondages, un certain nombre de candidats ne se sont finalement pas présenté, probablement par découragement.

 

Depuis septembre 2016, les candidats sont officiellement déclarés, les sondages pleuvent.

 

Même si les instituts de sondage prennent toutes les précautions pour dire qu'en rien leurs sondages sont prédictifs, il n'en demeure pas moins, qu'ils influencent d'abord les candidats, qui ajustent leurs stratégies et leurs déclarations en fonction de ces résultats, faisant d'eux, des produits marketing qui essayent de se vendre mieux et gagner des parts de marché. 

 

Ces sondages influencent également les électeurs dans leur stratégie de vote, nous y reviendrons.

 

 

Comment imaginer un résultat, en ne sachant déjà pas combien ni quels types d'électeurs se rendront aux urnes?

 

La première inconnue de cette primaire des Républicains, est le nombre de participants à ce scrutin.

 

Estimation du taux de participation

(projetée en millions d'électeurs)

 Au fil des sondages, nous pouvons déjà remarquer l'écart incroyable entre les différents instituts. La participation va de 2,85 à 8.74 millions d'électeurs ! 

 

Du plus optimiste, Odoxa, avec en moyenne 7.16 millions d'électeurs au plus pessimiste, Cevipof qui annonce 2.91 millions, nous pouvons également noter que le sondage de Sofres déclarait une participation de 2.9 millions d'électeurs avec un taux de participation de 7% (si on se rapporte au nombre d'inscrits laisse un écart de 240 000 électeurs) et encore plus fort, OpinionWay annonçait 2,6 à 3,1 millions de participants avec un taux de 10% (!) alors qu'avec 10% le nombre de participants devrait être de 4.48 millions, Sont donc passés à la trappe entre 1,38 et 1.88 millions d'électeurs...qui votent pour qui?  

 

 

Nombre moyen d'électeurs estimé par les instituts 

(en millions de personnes)

 

 

Si nous retirons Odexa qui semble très optimiste, peut-être trop (?), les estimations du nombre de participants pourraient se situer entre 2.91 et 5.49 millions, soit un écart  de 2.58 millions d'électeurs ce qui pourrait changer radicalement le scrutin.

 

 

Quel serait l'impact d'une variation d'électeurs sur le score des candidats?

 

 

Dans son dernier sondage, publié le 17 novembre, l'Ifop annonce:

 

- Un échantillon de 744 personnes certaines d'aller voter au premier tour de la primaire.

 

(Ce sondage a été réalisé par internet, ce qui est déjà un biais en soi, puisque, rappelons le, les séniors sont en moyenne, 15% de plus que les autres classes d'âges à aller voter. Il serait intéressant de connaître le nombre exact de séniors qui ont répondu à ce sondage avant redressement).

 

Si nous ne tenons pas compte du biais sur les séniors ou de ceux qui n'ont pas accès à internet plus largement, si nous tenons compte de la marge d'erreur, les scores des candidats se situent entre:

 

                       score (%)    la plus basse    la plus haute
Juppé                 31                  27,61              34,39
Sarkozy             30                  26,64              33,36
Fillon                 27                  23,74              30,26
Le Maire              7                    5,13                8,87
NKM                     2                    0,97                3,03
Copé                     2                   0,97                3,03
Poisson                1                   0,27                1,73
 

 

 

Alors qui sera au second tour?

 

Si l'on regarde les résultats des différents sondages parus ces derniers jours, on peut clairement dire qu'il n'y a aucune différence significative entre ces 3 candidats et qu'au second tour les 3 scénarios possibles sont:

 

         Sarkozy                  Juppé                        Juppé                      Fillon                         Fillon                Sarkozy

 

 

 

Qui va influencer le scrutin?

 

En réalité l'issue du scrutin dépendra de la mobilisation des séniors qui déclarent préférer Juppé et Fillon à Nicolas Sarkozy, du FN qui pourrait faire un choix tactique en votant en masse pour Nicolas Sarkozy, considéré comme un candidat "facile" à battre lors de la présidentielle et de la mobilisation des électeurs centristes ou de la gauche plus favorables à Alain Juppé et dans une moindre mesure à Fillon. 

 

 

Alain Juppé est-il assuré d'être au second tour?

 

Le danger pour Alain Juppé, c'est qu'il est annoncé comme le leader de ce scrutin. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, il risque de perdre une partie de son électorat convaincu qu'il sera au second tour et partant de ce principe, qu'il n'est peut être pas nécessaire de se rendre aux urnes dimanche prochain.

 

Le taux de participation est donc l'enjeu majeur de cette primaire.

 

Imaginons qu'une partie de l'électorat, convaincu de la présence d'Alain Juppé au second tour, décide de choisir celui qui devrait être en face d'Alain Juppé.

 

Ce scénario, n'est pas utopique, il s'est déjà produit à plusieurs reprises et à chaque fois quand un candidat était "assuré" par les sondages d'être au second tour. Ce fut le cas lors de la présidentielle de 2002 où Jospin était donné à tous les coups au second tour, ce fut le cas lors des municipales de 2008 à Nice, où C Estrosi était donné gagnant dès le premier tour. Jospin fut éliminé, Estrosi ne put échapper à un second tour.

 

 

L'issue du scrutin ?

 

Dans l'hypothèse d'un soutien d'un "second homme" face à Juppé (voir ci-dessus), le score d'A Juppé risque de fondre, laissant les électeurs face à un choix entre N Sarkozy et F Fillon. 

 

Quid du choix?

 

Les séniors qui joueraient cette stratégie, devraient reporter leur choix à 60% pour F Fillon, les électeurs FN à 63% pour N Sarkozy, les électeurs de gauche à 50% pour F Fillon et N Sarkozy, enfin les électeurs centristes à une écrasante majorité pour F Fillon (à plus de 80%).

 

Reste à savoir le nombre d'électeurs qui joueront cette stratégie et parmi eux ceux qui seront les plus mobilisés: les séniors assurément, le FN et la gauche (?) ou bien les électeurs centristes (Modem/UDI) qui semblent vouloir assez fortement participer à ce scrutin (indice de participation: 14%, seconde force mobilisée du scrutin).

 

Si ce scénario se concrétise, la surprise pourrait venir de F Fillon.

 

Tous les paris sont  donc lancés et ne nous permettent pas de faire une lecture sereine des annonces faites dans les média qui ont repris ces sondages depuis plusieurs semaines.

 

Alors au-delà de cette cuisine spéculative, ce premier tour, peut être l'occasion pour les électeurs de faire valoir leurs idées, de soutenir leurs candidats et peser sur les candidats au second tour qui auront besoin de faire des alliances pour pouvoir l'emporter.

 

N'oublions pas non plus qu'il faudrait faire évoluer la construction même des questionnaires de sondages pour de multiples raisons, mais une en particulier: les électeurs sont de moins en moins nombreux à voter parce qu'ils soutiennent un candidat mais au contraire ils votent de plus en plus pour faire barrage à l'offre politique la moins acceptable pour eux. Le poids des sondages dans la stratégie de vote est donc primordiale. Aussi, il est fondamental, pour un bon exercice démocratique, que ces sondages soient beaucoup plus rigoureux dans leur élaboration, dans la construction des échantillons et bien sûr dans l'analyse qui en est faite dans les média.

 

A force de se prendre pour des oracles, les instituts de sondages et les commentateurs politiques, continueront à se "tromper" et à jeter le discrédit sur toute une corporation.

 

 

 

 

Please reload

Recent Posts

January 9, 2017

Please reload

Archive
Please reload